« Carré 35 », un film documentaire d’Eric Caravaca.

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Ce film m’a bouleversée, sans doute parce qu’il aborde des thèmes qui me sont chers : le secret de famille, la transmission, la mémoire, et aussi l’exil, la colonisation. Il s’agit d’une enquête familiale menée par le réalisateur, Eric Caravaca, sur sa sœur, morte en bas âge, et dont personne n’a jamais parlé. Le ton est juste, les images traitées avec une retenue et une poésie très émouvantes. Je pense à la phrase d’Ivan Jablonka dans Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus, que je lis en ce moment : il y a des vérités de famille comme il y a des secrets de famille.

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Exposition Irving Penn au Grand Palais à Paris.

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J’ai découvert avec intérêt et enthousiasme l’œuvre photographique d’Irving Penn, américain célèbre pour sa participation active au magazine Vogue mais dont l’activité ne s’est pas limitée au monde de la mode. Son travail sur les portraits, aussi bien que sur les nus, ou encore les cigarettes, m’a épatée. Je suis sortie de l’exposition avec l’envie de faire des photos !

Mes préférées :

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Black and white fashion with handbag (Jean Patchett), 1950.
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Jean Cocteau, 1948.
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Nu, 1949-50.

« Pour le réconfort » de Vincent Macaigne.

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Je ne suis pas sûre que l’on ressorte de ce film réconforté mais Vincent Macaigne a l’art de la mise en scène de la colère (du coup de gueule) et de l’ennui ! Les thèmes de la transmission et des inégalités sociales sont traités avec intelligence et donnent à voir autre chose qu’un certain cinéma français un peu nombriliste parfois. J’ai ri et pensé, voilà donc un beau film.

« Cherchez la femme » d’Alice Ferney.

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Ce roman m’a happée et a constitué ma principale source de stimulation intellectuelle dernièrement…! J’ai beaucoup apprécié l’analyse psychologique fine et profonde des personnages. Des vies et leurs motivations décortiquées par une romancière qui ne laisse rien passer. C’est cruel parfois, mais toujours brillant et très prenant. Je lis rarement des pavés de 700 pages avec un tel enthousiasme. Il faudrait commencer sa vie d’adulte en lisant ce roman.

DesSeins d’Olivier Pont.

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Très bel album qui contient sept histoires ayant comme point commun le thème des seins. Sept portraits de femmes différentes, personnages de fiction riches et complexes.

Pour le feuilleter, ici.

« Sodome, ma douce », une pièce de théâtre de Laurent Gaudé mise en scène par Laure Marion, le 27 mai 2017 à Paris.

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C’est samedi 27 mai à 20h30 au Théâtre de la Bastille à Paris que Laure Marion présente sa première mise en scène : Sodome, ma douce, une pièce de Laurent Gaudé. C’est le collectif Louves qui porte ce projet : une dizaine de jeunes comédiennes sorties du Cours Florent font sortir les femmes des rôles auxquels la scène théâtrale les cantonne habituellement. On peut les entendre dans cette émission de radio. Hâte de découvrir leur travail, et ce texte de Laurent Gaudé !

« L’Homme des bois » de Pierric Bailly.

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A ranger dans la catégorie « livre impossible à lâcher et qui bouleverse » ! C’est la parole d’un fils dont le père est mort dans un accident, mais dans des circonstances floues.

    Il y avait bien cette version élaborée à partir de l’enquête de gendarmerie, une glissade en forêt lors d’une sortie aux champignons, mais ça me semblait tellement ridicule comme façon de mourir que j’avais du mal à m’en contenter.

    Je ne pouvais pas m’empêcher de cogiter, d’interpréter, de suspecter, pour me protéger de la réalité, pour ne pas l’appréhender trop frontalement.

    Je me raccrochais à l’intellect, aux idées, pas à de grandes idées, je ne philosophas pas, non, je me raccrochais à des idées simples, celles qui permettent d’échapper, de s’évader, celles qui sont à la base des histoires. Le genre d’histoire qui sert à fabriquer une intrigue. Pour ne pas me laisser dévaster par le doute et l’émotion, je me raccrochais aux branches de la narration. Je tissais une toile romanesque pour me retenir à ses fils. Je n’avais guère à me forcer; j’avais même l’impression que la toile se tissait à mon insu. (pages 88-89)

Texte sur le deuil, sur la relation père-fils, sur l’absence et la mémoire. Superbe.

« Hiver à Sokcho » d’Elisa Shua Dusapin.

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Voilà un texte qui installe une atmosphère avec une force indéniable : en le lisant, je suis allée chercher une couverture, avant de réaliser que c’était dans le livre, à Sokcho, une petite ville située près de la Corée du Nord, qu’il faisait froid, et non chez moi ! Il y est question de désir, de création, d’une rencontre pas ordinaire, mais aussi de nourriture et de malaise dans son propre corps. C’est un premier roman original, et très bien écrit.

Pour en savoir plus, allez sur le site des éditions suisses Zoé, ici.

« La femme brouillon » d’Amandine Dhée.

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Le titre est admirablement trouvé, le ton est puissant et pas dénué d’humour, le propos véritablement féministe, le tout est un excellent livre que je ne saurais trop conseiller à toutes mes amies et à tous mes amis !

Texte de présentation d’Amandine Dhée : J’ai écrit ce texte pour frayer mon propre chemin parmi les discours dominants sur la maternité. J’ai aussi voulu témoigner de mes propres contradictions, de mon ambivalence dans le rapport à la norme, la tentation d’y céder. Face à ce moment de grande fragilité et d’ immense vulnérabilité, la société continue de vouloir produire des mères parfaites. Or la mère parfaite fait partie des Grands Projets Inutiles à dénoncer absolument. Il m’a paru important de me positionner clairement en tant que féministe parce que je veux donner un éclairage politique à mon expérience intime. J’ ai voulu un texte court. Plus que jamais, j’avais envie de tranchant, d’aigu, et surtout pas d’une langue enrobante ou maternante.

Pour lire des extraits, ici.