« Mon père sur mes épaules » de Metin Arditi.

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Metin Arditi, romancier dont j’avais beaucoup apprécié Le Turquetto (2011), fait ici le portrait de son père, mort il y a vingt ans. Il réfléchit sur la façon dont la mémoire s’arrange de la vérité pour moins nous embarrasser. Il cherche à dire la spécificité de la relation à son père, en voyageant et en retrouvant des lieux emblématiques. Mais rien ne se passe comme prévu, et l’écriture lui fait dire ce qu’il n’attendait pas non plus. C’est un texte simple, touchant et juste. Au-delà de la figure paternelle en Sépharade germanophone (page 120), en homme doux et froid, en amoureux des livres, c’est la force de l’amor fati qui m’a le plus frappée et qui donne toute sa profondeur à ce livre :

le secret du bonheur est dans la répétition de chaque chose que nous a offerte la vie. Il faut vouloir la revivre, dit Nietzsche, encore et encore, dans chacun de ses événements. Il a donné un autre nom à sa grande idée. Amor fati. L’amour du fatum. De la destinée. (page 18)

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« Carré 35 », un film documentaire d’Eric Caravaca.

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Ce film m’a bouleversée, sans doute parce qu’il aborde des thèmes qui me sont chers : le secret de famille, la transmission, la mémoire, et aussi l’exil, la colonisation. Il s’agit d’une enquête familiale menée par le réalisateur, Eric Caravaca, sur sa sœur, morte en bas âge, et dont personne n’a jamais parlé. Le ton est juste, les images traitées avec une retenue et une poésie très émouvantes. Je pense à la phrase d’Ivan Jablonka dans Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus, que je lis en ce moment : il y a des vérités de famille comme il y a des secrets de famille.

Exposition Irving Penn au Grand Palais à Paris.

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J’ai découvert avec intérêt et enthousiasme l’œuvre photographique d’Irving Penn, américain célèbre pour sa participation active au magazine Vogue mais dont l’activité ne s’est pas limitée au monde de la mode. Son travail sur les portraits, aussi bien que sur les nus, ou encore les cigarettes, m’a épatée. Je suis sortie de l’exposition avec l’envie de faire des photos !

Mes préférées :

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Black and white fashion with handbag (Jean Patchett), 1950.
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Jean Cocteau, 1948.
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Nu, 1949-50.

« La belle et la meute » de Kaouther Ben Ania.

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Ce film tunisien est admirable et sa violence, jamais complaisante, coupe le souffle pendant une heure quarante. L’actrice Mariam Al Ferjani, qui incarne une étudiante victime d’un viol par des policiers, est formidablement juste dans son interprétation. La tragédie est terrible, et en a tous les ressorts, du burlesque du policier feignant l’idiotie au final libérateur. La tragédie est profondément politique et Mariam, faute d’obtenir réparation, accède à la dignité par la force de son verbe.

« Pour le réconfort » de Vincent Macaigne.

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Je ne suis pas sûre que l’on ressorte de ce film réconforté mais Vincent Macaigne a l’art de la mise en scène de la colère (du coup de gueule) et de l’ennui ! Les thèmes de la transmission et des inégalités sociales sont traités avec intelligence et donnent à voir autre chose qu’un certain cinéma français un peu nombriliste parfois. J’ai ri et pensé, voilà donc un beau film.

« Brooklyn yiddish », un film de Joshua Z. Weinstein.

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C’est l’histoire de Menashé -titre original du film- et de sa lutte pour être reconnu comme un père capable de s’occuper de son fils, Ruben. Son épouse est morte un an plus tôt, et la loi talmudique, telle que l’interprète la communauté hassidique dans laquelle il vit, lui interdit d’élever seul son fils. Menashé doit affronter les jugements de son frère, jugé plus apte à s’occuper d’un enfant puisqu’il a une « famille normale ». Le père et le fils sont touchants. La photographie, très belle, magnifie les personnages, même dans les scènes les plus ordinaires ou réalistes. En suivant la façon dont le personnage principal s’efforce de devenir un mensch, le spectateur s’attache finalement à une histoire universelle, qui dépasse le microcosme d’un milieu ultra-orthodoxe à New-York.

« Cherchez la femme » d’Alice Ferney.

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Ce roman m’a happée et a constitué ma principale source de stimulation intellectuelle dernièrement…! J’ai beaucoup apprécié l’analyse psychologique fine et profonde des personnages. Des vies et leurs motivations décortiquées par une romancière qui ne laisse rien passer. C’est cruel parfois, mais toujours brillant et très prenant. Je lis rarement des pavés de 700 pages avec un tel enthousiasme. Il faudrait commencer sa vie d’adulte en lisant ce roman.

« Dente per dente » di Francesco Muzzopappa.

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I libri che fanno ridere sono pochi, o comunque che mi fanno ridere davvero. Francesco Muzzopappa è bravo ad inventare una storia divertente e intelligente. Si ride sull’arte (stupende le false riproduzioni di opere d’arte, tutte fabbricate dall’autore !), sull’amore, sulla religione, la famiglia, su se stesso finalmente.

Scopro la casa editrice Fazi e mi piace molto il design di questa copertina.

Per sfogliare il libro andate qua.

Ringrazio la libraia della libreria Alberti di Intra a Verbania, che mi ha consigliato il libro.