« A trop aimer » d’Alissa Wenz.

Dans cette foisonnante rentrée littéraire, on pourrait passer facilement à côté de ce texte puissant et beau. Alissa Wenz, j’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, pour ses talents de chanteuse ou son premier récit tout à fait réussi. Il s’agit ici d’un roman, très prenant, et dont la force réside dans la sincérité tout en retenue de sa narratrice. Si l’on doit résumer en deux mots, l’on dira qu’il s’agit d’une histoire d’emprise amoureuse. Mais cela gomme les nuances du texte d’une façon assez réductrice. On chemine avec la narratrice, et ses mots nous tiennent de bout en bout, grâce à une langue précise, au plus près de chaque émotion, de chaque mouvement du monde. D’abord au chevet de Tristan, l’homme qu’elle aime, puis du monde, la narratrice cherche à sortir de sa propre convalescence, et je n’ai pu refermer le livre avant qu’elle ne retrouve sa liberté.

« Rumeurs d’Amérique » d’Alain Mabanckou.

Toujours une certaine impatience à découvrir un nouveau livre d’Alain Mabanckou, dont j’avais suivi avec beaucoup d’assiduité et d’enthousiasme les cours au Collège de France, et dont j’ai lu (presque ?) tous les livres. Pour la première fois, me semble-t-il, il évoque aussi précisément sa vie aux Etats-Unis, à Los Angeles, et offre, avec une certaine retenue, une forme d’autobiographie. Une autobiographie par petites touches, partant le plus souvent d’une anecdote, ou d’un détail de la journée, et débouchant sur un pan de la culture américaine, et sur un aspect de sa personnalité. Professeur à l’université, ami accueillant des personnes de passage, citoyen ou simple passant et témoin du spectacle de la rue, il donne à voir de nombreux instantanés de sa vie américaine. Tous ces moments sont l’occasion de développements sur ses lectures, ses réflexions politiques, musicales, sportives, sociologiques. Toujours en mouvement, Alain Mabanckou reste, malgré quelques confidences, insaisissable, peut-être comme tout exilé. Ce livre m’a beaucoup intéressée par moments, et m’a laissée sur ma faim à d’autres; plus j’y repense, et plus je le trouve courageux, car nuancé et complexe.

Remise des prix du Cambouis’ club.

A l’heure où le jury du Goncourt a été obligé de décaler l’annonce de sa sélection, le Cambouis’ club, lui, a réussi à se réunir pour décerner les prix de l’automne, au terme de sa première session, dont vous aurez un aperçu en allant ici. Malgré la bonne entente des membres du jury, ce dernier ne s’est pas mis d’accord, et a décerné deux prix par catégorie :

  • Prix du personnage préféré : Thérèse Raquin dans Thérèse Raquin d’Emile Zola et Elizabeth Bennet dans Orgueil et préjugés de Jane Austen
  • Prix du style : Rabelais dans Gargantua et Montaigne dans les Essais
  • Prix de la meilleure intrigue : Un roi sans divertissement de Jean Giono et Thérèse Raquin d’Emile Zola
  • Prix du livre le plus décevant : Aurélien d’Aragon et Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez
  • Prix du livre chouchou : les Essais de Montaigne et Orgueil et préjugés de Jane Austen

Le Cambouis’ club est contraint de ralentir son rythme de lecture mais lit actuellement ceci :

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