Challenge classique 2017 : « La femme de trente ans » de Balzac.

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C’est grâce au blog Les carnets du Pr. Platypus que j’ai entendu parler de ce défi : lire un classique par mois. Toutes les modalités sont décrites sur cette page. Bien qu’ayant déjà pris du retard pour le mois de janvier, voici mon billet.

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Après un séjour à Tours, et un pèlerinage tout littéraire à Saché, dans la maison de Balzac, j’ai eu envie de découvrir La femme de trente ans, dont le propos moderne sur les femmes était vanté. Lecture faite, le bilan est plutôt paradoxal : des propos osés sur le mariage par exemple, et d’autres passages beaucoup plus conformistes sur la condition des femmes. Voici un passage qui va dans le sens de l’audace :

Nous sommes, nous femmes, plus maltraitées par la civilisation que nous le serions par la nature. La nature nous impose des peines physiques que vous n’avez pas adoucies, et la civilisation a développé des sentiments que vous trompez incessamment. La nature étouffe les êtres faibles, vous les condamnez à vivre pour les livrer à un constant malheur. Le mariage, institution sur laquelle s’appuie aujourd’hui la société, nous en fait sentir à nous seules tout le poids : pour l’homme la liberté, pour la femme des devoirs. Nous nous devons toute notre vie, vous ne nous devez de la vôtre que de rares instants. Enfin l’homme fait un choix là où nous nous soumettons aveuglément. Oh! monsieur, à vous je puis tout dire. Hé bien, le mariage, tel qu’il se pratique aujourd’hui, me semble être une prostitution légale. (p. 153)

Par ailleurs, j’ai aimé retrouver le style de Balzac, un art de la description, grandiose notamment dans les premières pages consacrées au passage de revue de Napoléon aux Tuileries en avril 1813. La peinture de la femme déçue par son mariage, et qui dépérit littéralement, est terrible et puissante.