41fnfne08sl-_sx331_bo1204203200_

A ranger dans la catégorie « livre impossible à lâcher et qui bouleverse » ! C’est la parole d’un fils dont le père est mort dans un accident, mais dans des circonstances floues.

    Il y avait bien cette version élaborée à partir de l’enquête de gendarmerie, une glissade en forêt lors d’une sortie aux champignons, mais ça me semblait tellement ridicule comme façon de mourir que j’avais du mal à m’en contenter.

    Je ne pouvais pas m’empêcher de cogiter, d’interpréter, de suspecter, pour me protéger de la réalité, pour ne pas l’appréhender trop frontalement.

    Je me raccrochais à l’intellect, aux idées, pas à de grandes idées, je ne philosophas pas, non, je me raccrochais à des idées simples, celles qui permettent d’échapper, de s’évader, celles qui sont à la base des histoires. Le genre d’histoire qui sert à fabriquer une intrigue. Pour ne pas me laisser dévaster par le doute et l’émotion, je me raccrochais aux branches de la narration. Je tissais une toile romanesque pour me retenir à ses fils. Je n’avais guère à me forcer; j’avais même l’impression que la toile se tissait à mon insu. (pages 88-89)

Texte sur le deuil, sur la relation père-fils, sur l’absence et la mémoire. Superbe.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s