Nous avons eu le plaisir d’accueillir pour cette 5ème édition deux nouvelles lectrices, Karine et Sandrine. Voici les livres qui ont été présentés lors de ce samedi 3 décembre 2016.

laetitia

Maëva a tenu à nous parler de la lecture absolument bouleversante et nécessaire qu’elle a faite de Laëtitia d’Ivan Jablonka. Ce dernier s’intéresse à l’assassinat en 2011 de Laëtitia Perrais, qui avait été repris politiquement par le Président de la République d’alors, qui avait dénoncé le laxisme de la justice… Trois parties dans ce livre : l’enquête de Jablonka, l’enquête officielle et l’histoire de Laëtitia. C’est surtout une enquête historique et sociologique sur la France d’aujourd’hui, avec une vraie démarche d’historien et une belle plume d’écrivain; c’est à la fois un livre personnel et un livre d’écrivain. L’empathie de l’auteur est si forte qu’il en vient à dire Laëtitia c’est moi.

Maëva a voulu aussi évoquer Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus, du même auteur.

517qqf38xjl-_sl500_aa300_

Le livre le plus beau qu’elle a lu sur la Shoah, dans lequel Jablonka évoque ses parents immigrés polonais d’abord comme des personnes.

Faire de l’histoire, c’est prêter l’oreille à la palpitation du silence, c’est tenter de substituer à l’angoisse, intense au point de se suffire à elle-même, le respect triste et doux qu’inspire l’humaine condition. (Jablonka)

Le livre que je voulais citer à propos d’une sociologue faisant aussi œuvre personnelle, c’était celui-ci.

Sandrine -nouvelle venue-  a parlé de Mr Gwyn d’Alessandro Baricco.

product_9782070454518_195x320

Elle ne connaissait que Soie de cet auteur et a aimé dans Mr Gwyn l’histoire d’un écrivain, sa démarche artistique, elle qui est plasticienne. Cet écrivain décide un jour de faire ce dont il a envie, et suite à la visite d’une exposition, se met à écrire des portraits, pour lesquels il fait poser des nus. Elle a beaucoup aimé l’ambiance de cet atelier. Dans cette fiction, le personnage de l’écrivain écrit un texte, Trois fois dès l’aube, qu’Alessandro Baricco publie dans un volume à part !

product_9782070454525_195x320

Je ne me trompais pas : Alessandro Baricco a bien fondé en 1994 une école d’écriture créative, la Scuola Holden, qui se situe à Turin. Pour en savoir plus, ici (site en italien, en anglais et en espagnol).

Karine nous a parlé de La fiancée américaine d’Eric Dupont, un roman fluide même si épais, qui raconte l’histoire d’une famille québécoise, dans laquelle une femme s’appelle Madeleine à chaque génération; la première qui est évoquée dans le titre, vient des Etats-Unis. Le roman commence en 1860 et va jusqu’à aujourd’hui. Il y est question de secrets de famille.

1540-1

Karine a aussi évoqué un polar de Gilles Legardinier, L’exil des anges, surprenant par rapport au reste de l’œuvre de cet auteur, dans lequel la mémoire d’une personne peut se transmettre après sa mort par un code informatique. C’est un texte palpitant, qui se termine, comme toujours avec cet auteur, par un mot adressé directement à ses lecteurs.

l-exil-des-anges

Sandrine -que vous connaissez- a participé à la première édition du Prix littéraire Hors Concours, qui consiste à lire 50 extraits de livres de l’édition indépendante; 8 sont sélectionnés, puis un dernier reçoit le prix : ce fut Koumiko d’Anna Dubosc, publié aux éditions Rue des promenades.

liv_koumiko

Koumiko est la mère de l’auteur, elle a une maladie dégénérative qui affecte sa mémoire; japonaise, elle parle un mélange surprenant et drôle de français et de japonais qu’on trouve dans des dialogues insérés dans le corps du texte. C’est un livre sur la filiation et l’héritage, la fille cherchant à préserver l’univers de sa mère, évoquant un bonheur qui ne dit pas son nom, jamais très loin du désespoir. Cette histoire a inspiré à Chris Marker le film Le mystère Koumiko.

Pour ma part, j’ai évoqué la bande dessinée de Steve Sheinkein, Les aventures de Rabbi Harvey, dont j’ai lu les deux premiers volumes-mais il en existe un troisième.

9782914084581

aventuresderabbiharveyles2_12022009_155002

Dans son introduction, l’auteur explique qu’enfant il avait deux livres favoris, les 101 histoires juives et un recueil d’histoires du Far West : il combine ici les deux, faisant de son rabbin un justicier grâce à son sens logique et sa spiritualité. Après le premier chapitre qui narre comment il chasse les trois malfrats qui font régner la terreur à Elk Spring, par la seule force de son raisonnement, chaque chapitre va le mettre en scène face à des habitants venus pour le trouver pour trancher un litige. Le dessin, qui semble figer les personnages, n’en fait que mieux ressortir la sagesse retrouvée; en fin de volume, les sources spirituelles des histoires sont précisées.

rabbiharvey31

Notre prochaine rencontre aura lieu samedi 14 janvier 2017.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s