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Moi, si je veux être honnête, j’ai une colère que je ne sais pas contre qui diriger. Puisque Papa n’y est pour rien, puisque papa a fait ce qu’il a pu et que Dieu n’existe pas. Mais il y a le dessin.

Je fais ce livre pour ne plus avoir de colère contre rien. Pour demander pardon à Sandrina des choses que j’ai gâchées. Pour dire enfin à ma fiancée, car c’est une certitude, que là où je me trouve, je sais que je me connais bien. Ça date de la mort de papa. J’ai compris en un clin d’œil que je n’allais devenir ni un Don Juan ni un religieux. Au tarot, je n’ai pas les mêmes cartes de vie que mon père. Ça oui, je crois que c’est une prise conscience que font tous les fils : on a peur qu’à la mort du père, ses fantômes nous envahissent. Et ça n’arrive jamais. Nous en sommes un écho. Une réaction, parfois inversée. Mais n’en déplaise aux freudiens, la redite, c’est très rare. (p. 73)

Ces quelques lignes disent bien le contenu de ce texte autobiographique, dans lequel Joann Sfar affronte avec un mélange de courage, d’impudeur et d’humour la mort de son père, et plus généralement considère sa propre place dans le monde. C’est écrit très simplement, et c’est souvent touchant.

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