9782757816394

Humour et sérieux, profondeur et légèreté : voilà du très bon Mabanckou ! Les trouvailles langagières sont savoureuses. Un livre que j’ai dévoré.

Enfin, je ne cachais pas à mon ex que plus tard, lorsqu’on avait seize ans, on pensait que pour baratiner les filles on devait leur écrire de belles lettres d’amour. Or il fallait avoir déjà lu les livres dans lesquels il y avait ce genre de lettres. Mais quels livres alors ? Les romans ? Ah non, c’était trop long les romans. Ça ne se terminait jamais, les écrivains bavardaient sur des centaines de pages. En plus les personnages de ces romans qu’on lisait  nous énervaient tous parce qu’ils prenaient trop de temps, ne s’embrassaient que vers les dernières pages. Nous on voulait aller vite, ne pas gaspiller notre temps à décrire un ciel bleu, des bouleaux ou un oiseau migrateur qui ne sait pas sur quel arbre se poser alors qu’il survole toute une forêt tropicale. (p. 62)

C’est peut-être ce que devrait faire tout artiste avant de casser sa pipe. Ne pas laisser aux autres le soin de définir sa création. Jeter ici et là les clés de son œuvre pour éviter que les bavards professionnels travestissent l’expérience de toute une vie et la sueur de tout un travail. (p. 254)

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