20160517_155946
Alain Mabanckou, Collège de France, mardi 17 mai 2016.

Après avoir défini ce que l’on entend par « guerre civile », que le droit désigne comme un « conflit non international », Alain Mabanckou a rappelé en guise d’introduction que les guerres civiles, pas propres à l’Afrique, n’étaient pas non plus ataviques de ce continent ! Il a indiqué que les enfants pouvaient parfois représenter jusqu’à 50 % de l’effectif total des soldats…

Il a ensuite subtilement expliqué en quoi il pouvait y avoir une fascination inconsciente pour la figure de l’enfant soldat, en passant par l’analyse d’images, notamment de couvertures de livres ou de films, mais pas seulement.

Il s’est appuyé sur les livres suivants :

86980_couverture_hres_0
Traduit de l’anglais par Alain Mabanckou.

emmanuel-dongala-johnny-chien-mechant

9782020525718

Sur ce dernier livre, celui de Kourouma, il a souligné, au-delà de la qualité de l’ouvrage, comment l’écrivain pouvait tomber dans une forme de poétisation de l’enfant soldat. Très intéressante l’idée que tous ces textes posent en fait la question de la posture de l’écrivain : que doit-il faire quand l’horreur arrive ? être un simple greffier ? ou utiliser l’imaginaire pour aller au-delà, quitte à perdre le lecteur qui ne pourra pas toujours démêler le réel de la fiction ?

Autres textes cités :

9782258074477

couv_646

LaSolutionEsquimauAW

20160517_151234
Romuald Fonkoua, Collège de France, mardi 17 mai 2016.

A suivi le séminaire avec Romuald Fonkoua, professeur à la Sorbonne au CV impressionnant (voir ici), qui, loin de nous écraser de son savoir, a proposé un florilège jubilatoire et passionnant de citations d’écrivains, Dany Laferrière, Mongo Beti et Alain Mabanckou en tête, sur la question des figures de l’écrivain francophone contemporain. S’appuyant sur Sartre qui définit l’écrivain comme celui qui a pris pour matériau la langue commune et comme quelqu’un qui a quelque chose à dire, il a écarté les adjectifs rejetés par les écrivains : francophone, africain, migrant, immigré…

Difficile de reproduire toutes les citations mais je suis impatiente de me plonger dans cet ouvrage de Dany Laferrière, qui a beaucoup nourri son propos :

mongo_c1_hr-191x300
« Je suis ce que j’écris », Dany Laferrière.

Je retiendrai de Dany Laferrière : Le premier qui écrit que j’ai un style tropical ou que je suis un écrivain caribéen, je lui casse la gueule (17 mai 2002, Le Monde).

Pour conclure, quelques formules d’Alain Mabanckou, qui répondait à des questions de la salle, avec un mélange de dignité, de générosité et d’ouverture qui forcent mon respect :

Le lecteur finit par prendre la nationalité de l’auteur qu’il lit.

Le lecteur, c’est une rencontre. Vous rencontrez quelqu’un qui vous dit tout. C’est une respiration.

Je suis beaucoup plus heureux lorsque le lecteur dépasse le périmètre carré de ma case.

L’universalité, c’est apporter sa singularité ailleurs.

Publicités

2 réflexions sur “« Littérature, guerres et enfants soldats » par Alain Mabanckou.

  1. Une belle découverte, ton blog. Je suis ravie de lire tes comptes rendus sur le cours de Mabanckou. Ils sont formidables! D’ailleurs, c’est grâce à lui que je l’ai découvert.

    Je continuerais à te suivre et découvrir ton univers!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s