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Collège de France, 10 mai 2016.

Alain Mabanckou est apparu encore une fois aujourd’hui pour son cours au Collège de France convaincant car cohérent, ferme et subtil. En cette date importante pour l’Histoire de France, le 10 mai étant la journée nationale des mémoires de la traite , de l’esclavage et de leurs abolitions, il est revenu sur la genèse de son livre Le sanglot de l’homme noir, paru en 2012. Il a insisté sur la dimension très personnelle de ce livre d’expérience sur la migration et a adressé tout son cours au sociologue qui fit alors son procès dans un article paru sur Slate.fr…

Je n’ai jamais vendu mon âme pour un plat de lentilles. Je ne suis pas la gomme chargée d’effacer les stigmates du passé. Le salut du nègre n’est ni dans la pitié ni dans la commisération. Voici quelques-unes des formules que j’ai pu noter et qui ont retenti avec force dans la salle, dans un silence assez solennel.

Rappelant brièvement l’histoire de la traite négrière, Alain Mabanckou a souligné combien la population noire en France, loin d’être une communauté homogène, ne pouvait en aucun cas faire de la question de l’esclavage son ciment.

Il a conclu sur le sens de cette commémoration, qui doit d’abord être de reconnaître un crime contre l’humanité.

Livre à regarder : Le Devoir de violence de Yambo Ouologuem.

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Françoise Vergès et Alain Mabanckou, 10 mai 2016, Collège de France.

A suivi le séminaire dont l’invitée était Françoise Vergès. Elle a rappelé quelques chiffres et informations utiles sur l’esclavage, qui restent édifiants même si on ne les découvre pas… L’esclavage a eu lieu sur quatre siècles, a concerné 13 à 15 millions d’Africains, il fut légal, codifié et soutenu par l’Eglise… Elle a insisté sur l’importance de l’histoire de l’esclavage aujourd’hui, à plusieurs titres, aussi, cela m’a marquée, pour comprendre comment se fabrique ce consentement -à savoir comment un continent entier consent à ce que l’esclavage ait lieu.

Ces deux heures furent riches et remarquables dans leur souci de la précision, Alain Mabanckou comme Françoise Vergès ne tombant jamais dans la facilité, sur un sujet difficile.

Je retiendrai finalement deux formules. La première de Françoise Vergès citant Frantz Fanon : Je ne suis pas esclave de l’esclavage. La deuxième d’Alain Mabanckou qui répondait à une question de la salle sur son parcours personnel et sur l’existentialisme noir : Nous sommes ce que nous voulons devenir.

 

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