Samedi 26 mars nous avons eu le plaisir de nous retrouver pour présenter de nouveaux livres.

Valérie : Farrago de Yann Appery, qui reçut en 2003 le Prix Goncourt des lycéens. C’est également un auteur de théâtre. Le roman se passe au fin fond des Etats-Unis, avec des personnages tous plus branquignols les uns que les autres, des laissés pour compte de la vie. L’écriture est très originale parce qu’elle est très tendre envers les personnages. La structure se fait par cercles , autour des élucubrations du personnage. Les extraits lus donnèrent l’impression d’entendre un texte traduit de l’américain : l’auteur est français et a écrit ce texte en français mais il écrit aussi en anglais par ailleurs, et a vécu aux Etats-Unis.

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Valérie a également présenté le roman d’Elena Ferrante qu’elle lit en italien, L’amica geniale et qu’on peut trouver en français sous le titre L’amie prodigieuse : l’histoire de deux femmes dans les années 50 à Naples, avec une description de la violence des rapports, notamment entre les hommes et les femmes. J’ajoute pour ceux qui aiment les anecdotes littéraires qu’Elena Ferrante est un pseudonyme, que l’auteur refuse interviews et révélations, et qu’on ne sait donc pas clairement qui se cache derrière ce nom; vous pouvez lire ici si ça vous intrigue.

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Laurence : Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent (publié initialement aux éditions du Diable Vauvert, précision de Sandrine), livre gai, joyeux, léger. C’est l’histoire d’un trentenaire qui vit seul, avec son poisson Rouget de Lisle, et qui lit chaque matin à haute voix dans le RER de 6h27 une page. Il travaille dans une entreprise qui broie les livres -et pas que… – et sauve ainsi de l’oubli ces textes. Un jour il découvre sur le siège du RER une clé USB : il s’agit d’un superbe texte dont il essaie de retrouver l’auteur. C’est un livre plein de bons sentiments, qui peut paraître bébête  mais qui a été un plaisir de lecture.

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Maëva : Les ignorants d’Etienne Davodeau. La première BD qu’elle a lue et qui réunit ses deux passions : le vin et les livres, le monde de l’édition. Dans cette bande dessinée, le narrateur initie un échange avec un vigneron, chacun découvrant le monde de l’autre. Certaines scènes sont marquantes, comme celle dans l’imprimerie où sont réglées les couleurs des planches ou celle de la fin dans la maison d’édition. C’est un livre sur la façon de faire du vin et des livres, qui pose la question : qu’est-ce qu’on fait avec un matériau brut ? qu’est-ce qu’on a envie de partager ?

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Sabry : Une sacrée mamie, un manga en 11 tomes de Yoshichi Shimada et Saburo Ishikawa, pour les personnes de 7 à 77 ans ! C’est une histoire extraordinaire, très touchante, amusante, émouvante. Cela se passe en 1958, un petit garçon a perdu son père; il a un frère plus âgé et ils vivent à Hiroshima avec leur mère. Cette dernière doit faire le choix difficile de confier le cadet à sa propre mère car elle n’a plus les moyens de subvenir aux besoins de toute la famille. Le petit garçon part donc à la campagne chez sa grand-mère très pauvre. Il découvre à la fois sa grand-mère et la campagne, l’art de la débrouillardise et le grand air. Par exemple, la grand-mère sait qu’il faut aller pêcher dans la rivière derrière chez elle les jours de marché, ou elle connaît l’art de faire un repas en pensée. C’est un livre sur le fait d’être pauvre et de ne pas en avoir honte, qui parle du rapport à la dignité, mais aussi  de l’école, des copains, du rapport à ceux qui ont plus d’argent -qui possèdent un frigo ! « Un des meilleurs mangas que j’ai lus », « C’est pas parce qu’on est pauvre qu’on est rien », conclura Sabry.

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Muriel : En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut (publié chez Finitude, une maison d’édition à découvrir). Attirée par l’aspect fantaisiste, pas autant enthousiasmée que ce que laissait présager la critique, mais aimé la manière élégante et humoristique de raconter, dans une sorte de politesse du désespoir. Le narrateur est un petit garçon qui vit avec ses parents : la mère est folle, le père acquiesce à cette folie. Un livre amusant en apparence mais tragique. A lire en écoutant le morceau de Nina Simone qui a inspiré le titre, Mister Bojangles.

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Sandrine : Des petits trous dans le silence de Patricia Grace, une écrivaine de Nouvelle-Zélande découverte grâce à Christian Robert qui dirige la maison d’édition Au vent des îles. Patricia Grace a reçu le prix Neustadt, dit le « petit Nobel ». Ce sont des nouvelles que Sandrine a lues d’une traite, et qui font voyager en Russie, en Italie, dans les traditions maories… peu d’auteurs français seraient capables de faire la même chose. Une unique envie en lisant ce livre : aller en Nouvelle-Zélande ! Tout est vu par le biais de l’art et de l’humain, avec une nature très présente.

J’en profite pour vous donner le lien avec le blog de Sandrine, L’instant livre.

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Sandrine a également parlé de Entre ciel et terre de Jón Kalman Stefánsson, que Laurence avait également dans son sac ! Un livre qui est comme le mouvement de la mer, un écriture qui va et vient dans l’espace, dans le temps… De la poésie jamais lue ailleurs, avec des phrases comme « Celui qui ne poursuit aucun rêve court un grave danger. » Laurence a confirmé que ce livre, conseillé par son guide en Islande, rendait parfaitement ce que l’on ressent quand on marche là-bas. Précisons qu’il y a deux autres volumes, La tristesse des anges et Le cœur de l’homme. A été évoquée aussi La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson. En Islande, pays de 360 000 habitants, une personne sur trois écrit !

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Christophe : Genesis, un livre de photos de Salgado, « un grand mensonge » parce que c’est un monde en train de disparaître. C’est un voyage autour du monde, avec des paysages somptueux -résultat d’un traitement des images numériques qui leur donnent l’aspect de l’argentique. Vous pouvez feuilleter un peu le livre sur le site de l’éditeur Taschen. Vous y trouverez confirmation peut-être de la formule de Sandrine s’exclamant « y’a du manchot, là !  » Laurence a évoqué le film de Salgado, Le sel de la terre.

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Christophe a également présenté un roman, Zoli de Colum McCann, un beau portrait de femme rom, pleine de vie et de musique. Cela se passe dans les années 30 dans toute l’Europe; on y lit les relations des Roms avec le nazisme, le communisme, le monde. Zoli apprend à lire avec son grand-père, dans son unique livre, Le Capital de Marx ! L’écriture n’est pas extraordinaire mais ça se lit très bien et la fin est très réussie. Valérie a mentionné un autre livre du même auteur qu’elle avait aimé, Les saisons de la nuit.

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Enfin, deux livres ont été évoqués, le premier par Valérie : le Codex sepharianus de Luigi Serafini, largement feuilleté par nous tous, à parcourir encore sur le site de l’auteur ; le deuxième par Sabry, Alpha directions de Jens Harder.

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Codex sepharinianus.

La prochaine rencontre aura lieu samedi 28 mai. D’ici là, bonnes lectures !

 

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13 réflexions sur “Soirées lectures 2ème édition.

  1. Merci, Muriel. J’ai lu les 3 tomes de Stefansson que j’ai adorés. Mélange d’événements tragiques dans la neige et le froid et de poésie pure. Une merveille !
    Je vous conseille aussi la lettre à Helga, magnifique! J’ai une passion pour la littérature nordique, je lis tout ce qui me tombe sous la main et je suis rarement déçue.
    Le liseur du 6h27 m’à également réjouie!
    Je vais me pencher sur les autres livres évoqués dans ce compte rendu.

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  2. Olivier Bourdeaut était l’invité de la Grande Librairie il y a dix jours, because il a reçu un prix pour « En attendant Bojangles ». Il se trouve que j’ai téléchargé hier l’émission en replay sur le site de France5, car Lucchini était aussi l’invité de l’émission (avec encore Michel Onfray et Matthias Malzieu) et qu’il était dans une forme olympique.
    Si tu veux je peux te filer l’émission, ou bien t’extraire le passage où Bourdeaut est interviewé, ou bien encore (si tu n’en as rien à foutre ou que tu es minimaliste, ne rien te filer du tout) 🙂
    K.

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      1. Ca me dirait bien de réessayer un petit coup les soirées lectures – hop comme ça pour voir. Promis je ne ferai pas du monomaniaque cette fois… Le 28 mai ? 🙂

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  3. Vous m’avez convaincue! Je rentre d’Italie, les bras chargés de livres comme toujours, et j’ai acheté le premier tome du roman de E. Ferrante! Pas moins de 4 tomes pour cette saga!

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