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Paul Fournel appartient à l’Oulipo, groupe littéraire qui me fascine et me stimule, et dont l’esprit véritable est le plus souvent déformé, je trouve.

Il a publié en 2015 Le Bel appétit, un recueil de poèmes autour de la nourriture, des recettes, du goût mêlé pour le beau et le bon.

Pour vous faire saliver, une de mes obsessions, le Chocolat :

Je ne peux rien écrire sur le chocolat,

Tentant ce poème, j’en mange un morceau,

Bien noir, et je me tais face à la page blanche.

Rares sont les mots qui approchent le chocolat

Noir.

Les mots abonderaient pour le chocolat au lait

Mais je ne l’aime pas.

Les mots se précipitent pour le chocolat blanc,

Mais il est un peu ridicule avec ses airs d’usurpateur.

Alors du chocolat noir il faut savoir ne rien dire.

Il faut le laisser fondre sur la langue,

On peut fermer les yeux, attendre qu’il disparaisse

Et que reste son goût pour un long bon moment.

Se taire.

Les chocolats, ceux qu’on traite au pluriel

Ou que l’on nomme « fins »,

Sont trop fiers de leurs farcissures,

Trop vaniteux de leurs alcools,

De leurs fruits, de leurs ganaches.

On les vend au prix de l’or qui n’est pas le prix du chocolat.

Palets d’or vaniteux rehaussés à la feuille,

Bavards, trop bavards.

Rien ne vaut le silence ordinaire bon à croquer, bon à fondre,

En tablette.

 

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