Ce livre est arrivé à point nommé pour poursuivre ma réflexion sur les métiers, ce qu’ils révèlent des personnes. Ici, il s’agit de décrire le parcours de cinq personnes qui sont passées d’une profession intellectuelle à une profession manuelle.

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Laurence Decréau a une plume et sait peindre avec humour et vivacité le plombier ou le vitrailliste. Elle parle finalement beaucoup de son propre parcours et fait sans doute le lien, par les mots, entre ces deux mondes.

Je retiens ces lignes :

L’homme ayant besoin de nommer pour dire et partager, ces cancres qui séchaient jadis sur les tests de vocabulaire possédaient un lexique d’une précision qui me ravissait : j’appris qu’un fromage de chèvre à la peau blanche et tendre « piaule et crapote » ; qu’un gruyère qui pique la bouche a le « gras attaqué » ; que la « clarté » d’une viande de bœuf n’a d’égale que sa médiocrité. Ces mots, qui révélaient des réalités révélées par les sens, disaient combien les miens étaient atrophiés, faute de culture et de connaissance. Le même émerveillement teinté d’humiliation s’empara de moi récemment, tandis que je feuilletais dans la librairie des Compagnons du Devoir ce bijou du savoir humain : Le petit Dicobat, dictionnaire général du bâtiment. J’y découvris mon incapacité à nommer, et donc à comprendre et à voir, ce qui m’entourait, fût-ce de la porte de la chambre –avec ses traverses haute et basse, sa plate-bande, ses panneaux de hauteur, d’appui et de frise, et son pêne demi-tour…

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