Prendre le bus permet parfois d’entendre de drôles de phrases, pour le moins étonnantes : « Tout me va et je me réveille comme je me suis couchée. »
J’aurais pu me pincer pour vérifier si ce n’était pas un yogi réputé qui se tenait là assis à quelques mètres de moi. Mais non, il s’agissait en fait d’une mamie toulousaine qui conversait avec une copine à elle, sûrement une autre mamie toulousaine. La phrase m’a clouée sur place, et j’ai ensuite suivi toute leur conversation, en quête d’une autre pépite. Ce fut la seule, mais elle suffisait à remplir ma journée.
Analyse.
Ma première compréhension de la phrase fut : je me contente de ce que j’ai, je m’adapte à toute situation et mon humeur est égale, le matin comme le soir, j’ai atteint l’ataraxie décrite par les sages antiques.
Ce soir, avec le recul, et avec un brin de mauvais esprit, je me dis qu’on pourrait aussi comprendre : je ne cherche jamais à obtenir plus ou mieux que ce que j’ai déjà (donc, en quelque sorte, je manque d’ambition); mon état étant le même au début et à la fin de la journée, je n’ai pas progressé.
La profondeur de la mamie toulousaine me séduit davantage ; j’opte pour la première interprétation.

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