Pour se donner envie de découvrir d’autres livres. Les membres du club lecture ont envie de partager leurs lectures. Voici donc qu’ils prennent la parole.

Les livres de Nicolas.

Difficile de dire à quel âge on commence vraiment la lecture. A trois ans, quand on déchiffre ses premiers mots écrits avec des aimants sur le frigo? La première fois qu’on lit un livre en entier sans l’aide de sa maman, ou peut-être quand on finit son premier livre sans image. D’autre pensent que c’est quand on lit son premier grand auteur. Finalement, chacun a sa petite histoire.

La mienne commence par un livre pour enfant dont les pages n’ont pas su résister à l’usure du temps. Ses pages ne sont pas faites pour être tournées autant de fois. Cet ouvrage intitulé « Salambo le petit noir », qui m’a été lu maintes fois par ma maman avant que je ne puisse le lire moi-même, raconte l’histoire d’un enfant noir qui fait des cauchemars, effrayé par des légendes africaines que lui ont raconté les adultes. Ce livre je l’ai relu indéfiniment jusqu’à ce que j’aie l’âge d’aller à la grande école.

En CP, au grand désespoir de mes instituteurs, j’étais le seul élève de la classe à déjà savoir lire. J’ai alors entamé une collection que tout le monde connaît et qui a fait le bonheur des enfants de plusieurs générations : « La saga des monsieur et madame ». De monsieur heureux à monsieur grand en passant par monsieur lent, monsieur sale et monsieur Atchoum, j’ai vite eu une collection conséquente. Ma mère garde encore gravée cette image d’un petit enfant de 6 ans assis sur le banc de la piscine en train de faire la lecture à ses petits camarades.

J’étais prêt pour passer à l’étape suivante. Assez vite ma mère m’acheta mes premiers livres sans images. Ce fut d’abord « Oui Oui » puis très vite d’autres sagas de la bibliothèque rose.

C’est alors que je découvris Mickey, mais pas à la télé ou Jean-Pierre Foucault me paraissait déjà aussi haïssable qu’aujourd’hui avec ses millions. D’autant qu’il essayait de s’installer à la place de Dorothée et Corbier qui étaient mes idoles du PAF de l’époque.

Je découvris Mickey disais-je donc, avant que ma mémoire ne m’entraîne dans des allusions télévisuelles à une époque désormais révolue, longues au point d’en oublier le début de ma phrase. Les variantes des aventures de la plus célèbre des petites souris étaient à l’époque encore plus nombreuses que maintenant. Encouragé par ma mère, qui avait compris que toutes ces lectures, à défaut de bagage culturel, constituaient un souvenir plaisant qui me donnerait l’envie d’y retourner par la suite, je ne manquais pas un numéro de « Mickey parade » ou de « Picsou magazine ».

Pif rentra chez moi par l’intermédiaire d’un ami de mes parents qui leur fit don de l’intégralité de la bibliothèque de ses deux fils devenus grands. Des centaines de numéros de Pif poche vinrent instantanément compléter ma collection, réunissant ainsi sur la même étagère la souris capitaliste et le chien communiste.

J’entamai donc bien vite ces nouvelles lectures mises à ma disposition et il me fallut assez peu de temps pour les achever. Je me mis alors à lire tout ce qui me passait sous la main, avec l’idée de pouvoir écrire un jour « j’ai lu tous les livres », sans douter une seule seconde que ce fut possible. J’attaquais la bibliothèque de mon père. Il y avait là, dans un ordre complètement aléatoire : des livres d’histoire, d’aventure, des récits de voyages, du Pagnol. Je lisais tout sans discrimination, comme quelqu’un qui entreprend de lire l’encyclopédie dans l’ordre alphabétique.

Je fus très marqué par Jules Verne, au point que ma mère m’acheta plusieurs romans d’aventure pour compléter ma bibliothèque qui croulait déjà sous les BDs.

Ensuite vint le temps du collège et de ses traditionnelles fiches de lectures. Ma prof de français était formidable. Une dame un peu âgée, mais pleine de pêche et d’enthousiasme. C’était surtout quelqu’un qui avait compris que le français et la littérature, ce n’est pas forcément chiant.

Le principe de la fiche de lecture était très motivant : Il fallait lire un livre chaque trimestre et faire un dossier d’une vingtaine de pages. C’était à la fois une occasion de diversifier ses lectures et un moyen de travailler son esprit d’analyse et son expression. Je profitais de cette aubaine pour redécouvrir mes auteurs. Je lus « De la terre à la lune » de Jules Verne, puis la trilogie marseillaise de Pagnol. Je découvris aussi de nouveaux auteurs. Roger Frison-Roche m’apprit comment on vivait au temps de la Résistance. Dumas me transforma en mousquetaire du roi, tandis que Zola m’emmena dans les mines et me fit participer à la révolte sociale des mineurs. « Germinal » me laissa littéralement scotché à mon fauteuil et c’est marqué par cette bonne impression que je décidais d’entamer « le cycle » Zola. La lecture de « La fortune des Rougon Macquart » suffit à me démotiver.

Sautant du coq à l’âne, comme à mon habitude, je me jetai sur les livres de « La guerre des étoiles ». Je lus les trois trilogies. La moins intéressante étant à mon goût celle qui inspira les films. Il y a eu ensuite un trou de plusieurs années dans mes lectures. La télé, les jeux vidéos associés à la prépa et à un enseignement rétrograde de la langue. Le tout servi par un programme inspiré par une seule doctrine : « Le français c’est chiant ».

Ainsi, la lecture forcée de Rabelais, Kant, Homère et Shakespeare, le tout associé à un apprentissage se résumant au par coeur ont suffi à me faire attraper des petit boutons à la vue de ce qui ressemblait de près ou de loin à un livre. Seuls « Bouvard et Pécuchet » de Flaubert parvinrent un temps à me réconcilier avec la lecture.

Ensuite, il y a eu l’école, les jeux de rôle, le bar, les soirées, la guitare, la vie étudiante quoi… C’est en troisième année que je repris contact avec les livres. Je venais de rejoindre le club théâtre. Je commençais par l’intégrale de Desproges, à la recherche de textes à jouer. Peu après, un club littérature apparut dans l’ombre à l’école. Le principe était juste de faire partager des extraits choisis de ses lectures pour donner envie aux autres de les découvrir. Une amie, fondatrice de ce club, m’ouvrit sa bibliothèque de théâtre : je lus du Molière, du Marivaux, du Cocteau et surtout je lus « Cyrano » de Rostand qui reste pour moi le chef-d’oeuvre de la littérature théâtrale.

J’achetais ensuite des Pléiade. Maupassant d’abord, puis Hugo ensuite. Aujourd’hui, je lis beaucoup de théâtre, parfois même en VO. J’ai une préférence pour les gros livres regroupant plusieurs oeuvres, ça permet de mieux s’imprégner de l’auteur et de suivre son évolution.

Le club lecture est pour moi une manière d’élargir mon champ de vision. J’ai assez peu eu l’occasion de lire des auteurs contemporains et je profite de vos conseils avisés pour choisir mes auteurs contemporains, alors que je choisis moi-même mes classiques.

Nicolas

Les livres de Christophe

Merci Pascale, « Les mémoires d’Hadrien » fut une de mes plus belles lectures avec « Les nouvelles orientales ». « Les raisins de la colère », super aussi , mais bizarrement je préfère le film. Sinon mes livres, je me garde bien de les re-lire et de vous les conseiller car je les associe à des périodes, des âges.

Tout a commencé en CE1 par un séjour inoubliable dans « L’auberge de l’ange gardien » (j’assume) et Tintin. Puis j’ai pris au collège « Deux ans de vacances » sur une île avec « Dix petits nègres » et six « Dune »(s). Au lycée vint « L’écume des jours » et d’autres Vian/Sullivan. Herman Hesse m’a accompagné pendant les années étudiantes et je vais citer le grandiose « Jeu des perles de verre ». J’ai fait ensuite vers 30 ans ma tardive « éducation sentimentale » avec « Madame Bovary » avant de préparer la quarantaine en cherchant « La méthode » d’Edgar Morin.

Christophe

 

Les livres de Pascale

Dans la forêt touffue de la littérature, moi parfois ce que j’aimerais, c’est des pistes, et les pistes sont plus agréables à suivre quand c’est quelqu’un qu’on aime bien qui montre la direction…Voilà, c’est ça que j’aimerais.

Alors j’ouvre le ban, un peu rapidement, sans réfléchir plus que cela, dans l’instant…

Moi, si on me demandait: « C’est quoi, TES livres? »…, je répondrais qu’à 15 ans, c’était Yourcenar avec « Les Mémoires d’Hadrien », puis il y a eu tout Steinbeck avec notamment « Les Raisins de la colère », et puis Maupassant, « Les Justes » de Camus et « Les Mains Sales » de Sartre, mais que maintenant je dirais « Une vie bouleversée » d’Etty Hillesum, même si bizarrement je n’ai jamais pu aller au bout, « Une saison de machettes » de Hatzfeld… ou le texte de février 2009 des neuf intellectuels antillais réunis autour de Chamoiseau, et qui n’est pas un livre…

Ca, ce sont mes livres en mode majeur, et après il y a le mode mineur : les polars de Daeninckx, « Lignes de faille » de Nancy Huston, « Ellen Forster » de Kaye Gibbons… ah et puis Jean-Claude Izzo, « Total Khéops » et les autres, mais aussi ( ah dois-je les mettre en mineur ou en majeur ??) les pièces d’Euripide, et au travers de la traduction les textes de Démosthène…

Je pourrais développer, réfléchir… mais vous, c’est quoi VOS livres ???

Pascale

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