Professeur et formateur, critique à la « Quinzaine littéraire », Norbert Czarny assure ses revenus et sa retraite grâce à ce métier.

Mon métier consiste d’abord à capturer des lièvres femelles, le nom m’échappe : des hases, c’est cela. Je les capture essentiellement en France. Bien sûr je pourrais capturer en Europe de l’Est, après l’Ukraine et la Moldavie, mais je trouve cela indigne. Après cette capture en Sologne, dans le Morvan et en Bretagne, je rapatrie mes hases en banlieue parisienne, dans l’Essonne, et je les enferme dans des clapiers, du côté de Fleury-Mérogis. Là, je fais venir des lièvres. Beaucoup habitent la banlieue, surtout le 9.1. mais aussi le 92 et parfois le Val de Marne.

Après, tout s’organise sans moi.

Les qualités qu’il faut avoir sont d’abord courir vite, savoir attraper les animaux, poser des collets sans intention de blesser (une hase à la patte cassée est moins attirante qu’une hase valide, de plus elle est apeurée).

De l’à-propos aussi : savoir trouver les clients, les séduire, et pour ce faire, souvent, se déguiser en hase. C’est difficile parce que contrairement à ce que l’on croit, les lièvres sont subtils.

Et puis un certain sens du commerce. C’est un métier qui rapporte et il est rare qu’un souteneur chez les lièvres se retrouve sur la paille, sauf s’il entre dans un clapier et se retrouve enfermé.

Ce métier me correspond parce qu’il suppose un certain amour des animaux or j’adore les lapins et lièvres, et je ne peux en manger un seul (cela dit, je ne mange pas non plus d’araignées ni d’hippopotames mais ne ferais pas ce métier avec eux ou elles).

Il est difficile parce que j’ai une éthique : d’abord je ne prends pas leurs papiers d’identité aux hases, contrairement aux trafiquants et autres mafieux albanais ou ukrainiens etc. Ensuite je refuse d’exploiter des étrangères : je recrute français. Au pire, je recrute dans le Mercantour, entre la France et l’Italie. Ou dans les Pyrénées.

Enfin, je fais attention en posant mes collets et cela me prend du temps.


Si c’était possible, j’aimerais créer une maison de l’amour tarifé dans un zoo. Mais Vincennes est en travaux, et le Jardin d’Acclimatation trop petit. Et puis imagine-t-on les hyènes s’accouplant avec les babouines ? Les mandrills avec les girafes ? C’est compliqué. Et puis j’aurais tous les zoologues et les zoophiles sur le dos, les ligues morales, le Président de la SPA.

Donc pas d’autre métier, ou alors pêcheur à la ligne, pour devenir souteneur chez les tanches et les carpes.

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